NFT Musée Seattle Crypto

Le Seattle NFT Museum vient d’ouvrir ses portes dans la plus grande ville du nord-ouest américain. C’est le premier du genre qui propose à ses visiteurs des œuvres 100% numériques sous la forme de non-fungible tokens (NFT). Un univers qui séduit de plus en plus.

  • Un musée 100% NFT
  • L’écologie au cœur du projet
  • Des questions en suspend

Le non-fungible token (NFT), c’est la tendance du moment dans le monde de l’art. Le dictionnaire anglais Collins en a même fait le « mot de l’année » 2021. Et des stars comme Eminem investissent d’importantes sommes d’argent dans cet écosystème lié à la blockchain et aux cryptomonnaies. Pourtant il reste pour le commun des mortels un univers flou et dangereux.

C’est dans cette optique que Jennifer Wong et Peter Hamilton, entrepreneurs dans la Tech, ont co-fondé le premier musée entièrement composés de NFT. Pour rappel, ce sont des fichiers numériques (photographie, collage, etc.) qui possèdent un certificat d’authenticité, les rendant uniques, basés sur une blockchain.

NFT, Écrans, QR Code et vulgarisation

Le Seattle NFT Museum a ouvert ses portes début février dans la ville du même nom, dans l’état de Washington. Situé dans le quartier huppé de Belltown, il propose à la place des toiles une trentaine d’écrans Samsung qualité ultra sur lesquels les visiteurs peuvent découvrir des œuvres du crypto-art. Comme les célèbres Cryptopunks (visages pixelisés qui) de Bird Collection.

Ou encore les intérieurs kitchs Neon Saltwater. « Vous pouvez entrer et, peu importe ce que vous savez ou non à propos de l’art numérique, des NFT, vous pouvez voir les œuvres présentées en grand format, d’une manière qui vous rappelle une exposition dans un musée », a expliqué Peter Hamilton à l’AFP.

Semblable à un musée physique classique, différentes collections seront mises en avant tout au long de l’année. Et dans un objectif de vulgarisation, les co-fondateurs ont créé un parcours permanent d’informations sur le NFT et son potentiel. « L’intérêt d’avoir un lieu physique est de faciliter l’accès à tous. »

Grâce à des QR Codes, les amateurs d’art ont la possibilité d’être en interaction avec l’œuvre. Notamment en obtenant des explications sur les technologies utilisées pour réaliser la création artistique numérique, ou sur l’histoire de l’artiste exposé.

L’écologie également au cœur du projet NFT

« Notre objectif est d’utiliser le musée comme une plateforme pour sensibiliser aux questions sociétales critiques, telles que l’impact climatique des NFT », avance Peter Hamilton.

L’équipe du Seattle NFT Museum souhaite donc faire de ce lieu un exemple écologique dans le domaine. Rendre les NFT plus économes en énergie est déjà pensé par d’autres, et des technologies répondant à cet objectif émergent.

Ce musée serait à la fois un endroit parfait pour réunir les acteurs importants, sorte d’épicentre de l’écologie NFT. Et lui-même un espace à empreinte carbone faible. « A bien des égards, les NFT ont la possibilité d’être plus neutres en carbones que d’autres types de musées physiques qui nécessitent une expédition et un stockage d’art à température contrôlée, souligne Jennifer Wong. Avec les NFT, nous pouvons partager des œuvres d’art en un seul clic. »

Les co-fondateurs ont d’ores et déjà mis en application cette pensée écolo. Le Seattle NFT Museum devrait très prochainement signer The Climate Pledge. Ils s’engageront alors à attendre le « zéro émission nette » d’ici 2040. Une première pour un musée.

Des questions en suspend

Tout ceci semble idyllique à travers le regard de Peter Hamilton. Pourtant, les NFT ne font pas l’unanimité dans le monde de l’art. Ils sont d’abord liés aux cryptomonnaies qui ont mauvaise réputation (association avec le crime organisé par exemple) chez le grand public du fait d’une méconnaissance du sujet.

De plus, le secteur ne connaît pour le moment aucune régulation. Tout ou presque peut donc se transformer en NFT, quitte à sortir du cadre légal. En témoigne le scandale qui a touché l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) courant janvier, lorsqu’un chirurgien a transformé en NFT et mis en vente une radio d’une survivante du 13-Novembre sur la plateforme Opensea. Cette dernière n’a d’ailleurs aucune obligation légale de vérification du contenu qu’elle héberge. Et il s’avère que huit collections sur dix sont des arnaques.

Sans parler de la spéculation qui entoure cette tendance. L’exemple de la collection Ape Bored Yacht Club (plus de 2 milliards de dollars de chiffre d’affaire) est flagrant. Le fait que les célébrités s’arrachent à prix d’or ces NFT pour en faire leur avatar sur les réseaux sociaux ne reflète pas la réalité du marché de l’art tel qu’il existe aujourd’hui.

Cette technologie est devenue un phénomène mondial (industries de la musique, du sport, des jeux vidéos, du textile…) mais n’en est encore qu’à ses débuts. Et le monde de l’art ne doit pas rater le train. C’est en tout cas la philosophie du Seattle NFT Museum.

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