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Mediapart a révélé que le Dr Masmejean, chirurgien orthopédiste réputé, a transformé sous forme de NFT puis mis en vente la radio d’une blessée des attentats du 13-Novembre sur la plateforme spécialisée OpenSea. On y voit une balle de kalachnikov logée dans l’avant-bras.

  • Le NFT mis aux enchères à partir d’1 Ethereum
  • Le docteur nie puis minimise les faits
  • La blockchain et ses bienfaits
  • Quelles conséquences pour E. Masmejean ?

Le procès des attentats du 13-Novembre, qui s’est ouvert en septembre 2021, est au cœur de l’actualité. Mais c’est un autre événement lié au Bataclan qui défraie la chronique. En effet, d’après les révélations du journal Mediapart, une radiographie de l’avant-bras d’une des survivantes de la tuerie a été mise aux enchères sur la plateforme OpenSea.

Cette dernière est spécialisée dans la vente de jetons non-fongibles (non-fungible token, NFT). Il s’agit de fichiers numériques qui possèdent un certificat d’authenticité, les rendant uniques, basés sur une blockchain.

La radio NFT à partir de 2700$

Sur ce cliché médical (voir ci-contre), on voit de manière très nette une balle logée près d’un os. Pour ajouter à la clarté, une description accompagne le NFT : « Cette jeune patiente, qui a perdu son petit ami dans cette attaque, avait une fracture ouverte de l’avant-bras gauche avec une balle restante de Kalachnikov dans les tissus mous. »

Elle a été écrite, et c’est là le plus surprenant, par le réputé docteur Masmejean, chirurgien orthopédiste de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) qui a pratiqué l’opération pour retirer la balle. Le compte ayant mis aux enchères ce NFT pour 1 ETH (soit 2700$) était effectivement au nom du praticien. Avant d’être rapidement modifié en « EHM18 » à la suite des premières interrogations de Mediapart.

Des regrets ?

Emmanuel Masmejean a d’abord nié les faits. Avant d’assumer devant l’évidence de son acte. Il a malgré tout répondu aux journalistes avec légèreté. Regrettant même d’avoir perdu de l’argent à cause des frais de mise en vente du NFT sur Opensea.

Il a ensuite assuré qu’il n’avait aucune intention mercantile. Plutôt l’idée d’intéresser le grand public à la chirurgie. « Sur OpenSea, on ne peut que mettre en vente ! Je regrette de l’avoir fait. Cette expérience n’est pas concluante, cela ne me satisfait pas. D’un point de vue éthique, je me suis moi-même posé la question… Si vous voulez me faire dire que c’est une erreur, c’est peut-être une erreur. »

NFT : La blockchain n’oublie rien

Des propos difficiles à croire puisque le NFT Bataclan terrorist attack – November 13, 2015 – Paris, France avait été mint (intégré à la blockchain) cinq mois auparavant sans but lucratif apparent. Il est donc très surprenant qu’il ait été listé à 1 ETH sans objectif de gain alors que le marché des NFT est florissant et rapporte beaucoup depuis quelques mois.

Et oui. Pas de chance pour le Dr Masmejean. Toutes les actions effectuées sur une blockchain sont enregistrées, infalsifiables et visibles par tous. C’est une des caractéristiques propres de cette technologie. On peut ainsi voir sur Opensea qu’Emmanuel Masmejean a annulé la mise en vente du NFT quelque temps après que Mediapart l’a contacté. Puis l’a envoyé vers une adresse de burn.

« Un comportement odieux »

Via son compte Twitter, le directeur général de l’AP-HP Martin Hirsch a condamné publiquement ce comportement qu’il a qualifié d’« odieux ». Il n’a pas hésité à communiquer le mail envoyé à l’ensemble du personnel dans lequel il explique que « cet acte est contraire à la déontologie, met en cause le secret médical, va à l’encontre des valeurs de l’AP-HP et du service public » et qu’il est d’une « gravité exceptionnelle ».

Martin Hirsch a d’ores et déjà annoncé son intention de signaler les faits à la justice. En application de l’article 40 du code de procédure pénale qui oblige un fonctionnaire ayant connaissance d’un acte illégal à le dénoncer. Il a également saisi le conseil de l’Ordre ainsi les ministres disposant du pouvoir disciplinaire.

Le docteur Emmanuel Masmejean risque donc de voir sa carrière s’arrêter. Et il peut s’attendre à une attaque en justice de la part de la patiente radiographiée. Cette dernière a dénoncé par la voix de son avocate Me Elodie Abraham l’utilisation de son cliché à des fins commerciales. On a aussi appris qu’aucune demande d’autorisation ne lui avait été formulée par le chirurgien. Un non-respect du secret médical qui pourrait coûter très cher au Dr Masmejean.

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